• Et un raton laveur

    Vous l’aurez sans doute deviné à me lire, je ne suis pas ce qu’on pourrait appeler un grand aventurier, explorateur ou découvreur de mondes. Mais j’ai quand même vu des choses et des êtres. Et pas seulement des mésanges dans mon jardin et des vaches à la campagne. Il y a des animaux dont je savais l’existence par telle ou telle lecture et que je n’aurais jamais cru voir tant ces nigauds vivaient loin de chez moi. Et pourtant ça m’est arrivé.

    Ainsi, je connaissais ce nom de « corneille moisie », plus sympathiquement connue comme « corneille mantelée », « corvus cornix » pour les qui savent. Par chez moi, les corneilles noires (corvus corone) ne sont pas rares, elles hantent les champs et les bord des routes, charognant sans vergogne et, éventuellement, râlant si on les dérange. Voisines, les pies (pica pica) ne se gênent pas pour venir effrayer les chats qui squattent mon jardin et, ainsi, leur piquer leur bouftance. Mais de corneilles moisies, point. Vivent nettement plus à l’est ou au sud. Et puis un jour, à Rome (encore !) j’en ai vu. Et pas qu’une. Moments de bonheur.

    Au même endroit, et pourtant lui peut venir jusque par chez moi, mais l’a jamais daigné, j’ai vu un « sphinx colibri » (ou « moro sphinx » ou « macroglossum stellatarum » ou « sphinx du caille-lait » ou …) butinant en vol stationnaire quelques fleurs sur la terrasse où je prenais mon petit déjeuner. Je te dis pas la joie.

    Un jour aussi, j’ai vu un raton-laveur. Mais là j’ai pas été heureux. Je ne sais plus ni où ni quand c’était, et ce n’est pas une formule de style. C’était il y a bien des années de ça, soit dans un zoo, soit dans un Jardin des Plantes, mais je suis bien incapable de vous dire quel zoo ou quel Jardin j’ai pu ainsi visiter. Pas un hasard. Si c’était un zoo, je n’en ai jamais visité d’autres, si c’était un Jardin, je les contourne.

    Le raton laveur était fou. Devenu fou. Un raton laveur, c’est bien connu, ça lave. Ça lave ce que ça va bouffer, enfin on le dit. Lui, là, il s’en rappelait de ça. Alors il lavait. N’importe quoi. Saisissait un caillou, par exemple, s’approchait du point d’eau, le lavait, le portait à sa bouche, ben oui mais non, alors reportait le caillou un peu plus loin et recommençait avec autre chose : un bout de bois, une feuille, etc. Parfois reprenait le caillou précédemment délaissé. Sans fin. Chacun de ses manèges durait une à deux minutes et il les enchaînait sans prendre de pause. Passait son temps à faire des ronds ainsi à moins d’un mètre de l’eau. Toute la journée.

    Je suis sorti du zoo.


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