• Jerry Bruckheimer

    Autant l’avouer tout de suite je suis « bon public ». Vous me faites un truc pour faire pleurer Margot, et je m’appelle Margot. Vous me faites un blockbuster badaboum-badaboum, et je vibre. Ou alors faut vraiment que ce soit raté. Le ratage, je ne supporte pas (ou peu car il m’arrive d’être indulgent) mais la facilité et le procédé ne m’effraye pas. Donc, si vous mettez dans une histoire quelques motifs puissants d’émotion, éventuellement accompagnés de quelques  tutti de violons, en un rien de temps la boîte de Kleenex qui était à côté de moi, se retrouve désertifiée.

    Et là, il y en a un qui m’a coûté cher en Kleenex, c’est le Jerry du titre. Enfin, je sais bien que ce n’est pas lui, c’est ses scénaristes, mais bon c’est lui qui les a engagés, non ? Donc, c’est de sa faute. Je parle surtout de ses séries. Allez trois surtout CSI (Les experts), Without a trace (FBI : Porté disparu), Cold Case. Je vous raconte pas le nombre d’épisodes où, à la fin, j’étais en larmes sur mon fauteuil devant ma télé.

    Le pire, c’est qu’à chaque fois je vois très bien comment ces salopards m’ont amené dans cet état, quels trucs, quelles ficelles scénaristiques, quels vieux ressorts narratifs, quels fantasmes et quelles peurs plus ou moins innés en chacun de nous, ils ont utilisés. Change rien, je marche. Me laisse faire.

    Suis complice.

    Suis consentant.

    Mon père disait qu’il aimait qu’on lui raconte des histoires. Je suis le fils de mon père. J’ai remarqué être nettement plus sensible à la forme musicale (opéras par exemple), ou à la forme cinématographique (essayez de me faire voir pour la nième fois The Night of the Hunter, ou It’s a Wonderful Life (celui de Capra), pour n’en citer que deux et vous verrez). Par contre, l’émotion passe moins nettement dans la forme littéraire. Je dois trop penser. Mais je connais au moins deux exceptions : Les Misérables de notre cher Victor, et Hypérion de Dan Brown.

    En particulier ce dernier. Et là apparaît un des ressorts que j’évoquais précédemment : la partie d’Hypérion qui m’a fait chialer dans mon lit le soir où je l’y lisais, c’est le récit du lettré, Sol Weintraub : je ne connais rien de pire que la mort de l’enfant. Tiens, y’a un livre que je ne lirai sans doute jamais, trop peur de hurler d’horreur tout le temps, c’est le Journal d’Anne Franck.


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  • Commentaires

    1
    Jeudi 27 Septembre 2012 à 17:09

    Cold Case! Le moyen de pleurer si on n'y parvient pas tout seul!! et le pire c'est qu'on recommence toutes les semaines!! On doit etre maso! 

    Lis "Cujo" de Stephen King ou bien "meurtres pour redemption" de Karine Giebel..J'ai eu une telle claque, j'ai tellement chialé que je n'ai pas pu aligner une seule ligne sur le blog pour en parler.

    Le journal d'Anne Franck...Non merci!! 

    Je suis allée voir" Elle s'appelait Sarah."..Mon Dieu!! Quelle horreur! Comment peut on faire ce genre de choses à des gens!! Et la salle partageait l'émotion...Klennex me connait très bien...

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