• Viderunt omnes.

    Cette fois je remonte carrément le temps : Moyen-Âge !
    Vous vous douterez que ce ne sont pas des enregistrements d'origine, mais des réinterprétations récentes.

    Et je vais vous demander des efforts !
    C'est de la musique sacrée, ça commence avec du chant grégorien (monophonique ou plutôt monodique) et ça continue avec les débuts de la polyphonie.
    En plus, c'est en latin, langue que vous parlez tous couramment je n'en doute pas.

    Bon, j'ai dit 'monophonique', je devrais dire « homophonique » (rien à voir avec certains débats récents) : les voix chantent la même mélodie au même moment, éventuellement à des hauteurs différentes et en parallèle (unisson ou, progrès, à intervalle constant).

    Il s'agit d'un « graduel », oui vous non plus vous ne savez pas ce que c'est. Je me suis renseigné pour vous : c'est le chant (de méditation) qui est entonné par les moines après la première lecture (épitre souvent) d'une messe. Celui dont je vous parle était un spécial Noël. Il est plus ou moins extrait du psaume 98 (ou 97, ça dépend si on compte les psaumes 9 et 10 pour un ou pour deux) du livre des Psaumes de la Bible.

    Je vous en donne d'abord une version en grégorien classique (ici chantée par les bénédictins de St. Martin Beuron). Ça vous permettra de lire les paroles et la « partition » originale (remarquez qu'il n'y a à l'époque que 4 lignes sur la portée, les petits carrés noirs s'appellent des « neumes », les ancêtres de nos notes). Comme je ne suis pas sûr que vos connaissances en latin suffisent, vous trouverez ici, non seulement lesdites paroles mais leur(s) traduction(s) en français.

    Mais, vers la fin du XIIe siècle, des petits génies hantaient Notre-Dame de Paris. Ils inventèrent plus ou moins la polyphonie vocale, en tout cas ils la complétèrent.
    Et comme Paris était une référence à l'époque cela essaima à travers tout l'Occident.

    Le premier célèbre est Léonin (ou magister Leoninus), voici sa version (deux fois plus longue) qui date du milieu du XIIe. Remarquons : deux voix. (Je ne sais pas qui sont les interprètes)

    Le second célèbre est Pérotin (ou Perotinus magnus), voici sa version (encore plus longue) qui date de 1198 et qui, cette fois, met en œuvre 3 (parfois 4) voix.
    Elle est, dans cette vidéo, accompagnée du manuscrit original de ce graduel, vous remarquerez, outre les portées superposées, que sur certaines d'entre elles une cinquième ligne commence à apparaître.
    En réalité Pérotin donne une version normale du graduel entrecoupée de variations vocales polyphoniques (assez déroutantes pour nos oreilles modernes) des versets, plus précisément nous avons une voix qui « tient » le chant (c'est l'origine du mot ténor) et d'autres (organales) qui soit improvisent, soit suivent une ligne fixée d'avance, pour ornementer le chant. Ici, interprétée par le Hilliard Ensemble :

    En réalité, l'histoire de la polyphonie est plus complexe que ça (ça commence dès le IXe siècle en Angleterre, mais la nouveauté c'est le « déchant » : des voix qui vont en sens contraire les unes des autres au lieu d'être simplement parallèles), mais je ne vais pas vous faire un cours aujourd'hui.

     


    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    1
    Julie Pietri Profil de Julie Pietri
    Mercredi 29 Mai 2013 à 06:04

    Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Integer elementum accumsan ante vel suscipit. Proin quam ipsum, imperdiet in dapibus ac, sollicitudin vitae diam. Praesent vitae ante diam. Integer vulputate massa eu urna euismod elementum. Duis pretium pulvinar accumsan. Mauris consequat viverra justo, a egestas nisl molestie eu. Ut dui est, convallis quis auctor faucibus, consectetur sit amet nibh.

    Quisque volutpat luctus tellus, ut rhoncus arcu dignissim eget. Quisque gravida luctus tellus, in condimentum augue dapibus ac. Curabitur congue quam et ligula malesuada consequat. Sed congue vulputate suscipit. Fusce velit justo, ullamcorper sit amet egestas sit amet, bibendum ornare velit. Vivamus cursus pellentesque orci vel iaculis. Proin nisi eros, cursus sit amet rhoncus in, luctus non dolor.

    Pellentesque sollicitudin gravida auctor. Sed tempus ullamcorper sodales. Donec adipiscing mattis turpis eget viverra. Nullam id arcu mauris, vitae iaculis libero. Praesent ac turpis congue nunc tristique sagittis. Duis sit amet mauris posuere urna molestie lobortis. Donec aliquam nibh non urna blandit sed pretium neque egestas. Aliquam molestie faucibus tellus vel luctus. Morbi nisi odio, egestas in feugiat eu, egestas ac erat. Sed eu hendrerit massa. Etiam dolor nisl, interdum eu porttitor in, vehicula at magna.

    Maecenas a tellus libero. Pellentesque varius aliquam condimentum. Quisque pretium nibh at nisi tempor consectetur varius leo porta. Donec et dapibus neque. In sit amet velit nulla, quis rhoncus elit. In vehicula magna nec dui vulputate a dictum nulla sodales. In orci lectus, congue at vehicula non, bibendum eu mi. Nulla vitae augue ac leo congue vestibulum.

    Donec semper egestas metus quis aliquet. Phasellus sed ante sed nunc pulvinar faucibus. Phasellus auctor ipsum eu leo tristique laoreet. Sed hendrerit fermentum rutrum. Morbi sit amet est neque, posuere luctus felis. Nunc sit amet ipsum leo, et congue odio. Donec a aliquam leo. Nullam mauris risus, porta eget sagittis eu, volutpat ac est. Aenean et libero urna. Pellentesque tincidunt erat id lorem bibendum at dignissim tellus varius. Sed a mauris felis, vel consequat enim. Morbi vestibulum lacinia posuere. Pellentesque mollis bibendum nunc ac rhoncus. Quisque sollicitudin, nibh mattis sodales laoreet, urna ante porta mi, sed accumsan turpis tortor eu justo. Aenean quis est sit amet ante tempor tempus sit amet ac lacus.

     

    Donc, tu vois, non, là, je peux pas, j'ai trop envie de me pendre dès les premières notes. Même avec Léonidus.

    2
    Jeudi 20 Juin 2013 à 00:20

    It est very goodus, me gusta pero par contrus tu repasserara para los traduciones scribata à l'encra antipathiqua (no le see, you see? io parlo de la primera video) (ah ouais, j'avions pas vu le discret lien vers un autre lieu du web, escusi)

    La secunda video é molto piu chianti chiante, impression de dilution ... je passe à la 3è

    ...

    J'aime mieux! Les chants tenus, notamment. J'ai toujours bien aimé, avec des variations bien entendu, ce genre de chants, et en fait, je me dis que c'est entre autre idéal pour des corrections de copies, entamer une sieste en lisant, ou un moment créatif où tu as besoin d'être posé(e).

    Salut à toi, magister leonidus, ha!

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :